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MONASTERIOLUM / MONISTROL

Monistrol devrait son nom à l’existence, au haut Moyen Âge, d’une petite communauté religieuse, monast(e)riolum, peut-être un ermitage, lequel aurait donné lieu à la légende de l’ermite saint Antoine tenté par les diables de Bilhard, une tradition renforcée par la présence au Moyen Âge d’une commanderie d’Antonins, moines hospitaliers.

_Monistrol_grev-meiunier18esMonistrol au XVIIIe siècle. Gravure de Meunier (BnF)

L’agglomération de Monistrol (vicus) est attestée autour de l’an Mil : elle est mentionnée dans les Miracles de saint Robert, fondateur de l’abbaye de La Chaise-Dieu, ainsi que dans une bulle du pape Alexandre III de 1173.

adutrumque_ADMIN_Jul-02-1905-2013_Conflict-2-2-2Monistrol armes et devise: Ad utrumque paratus

D’après une source moins historique, la ville et l’église de Monistrol auraient été assez importantes à la fin du IXe siècle pour que l’évêque leur confie les ossements de saint Marcellin, considéré comme le deuxième évêque des Vellaves, après saint Georges. La paroisse serait ainsi devenue « Saint Marcellin de Monistrol ».

Aux Xe-XIe siècles, à côté et à l’ouest de l’agglomération organisée autour de l’église, apparaît un premier château, une tour plutôt, sur les rochers qui dominent le confluent des ravins. Vers le milieu du XIIe siècle, une nouvelle église est construite, une église romane dont il nous reste la nef et le chœur sous le clocher.

En 1270, l’évêque du Puy   Guillaume de La Roue achète toute la seigneurie de Monistrol avec son château (castrum) au seigneur Guigue ou Guigon de Saint-Didier.

Les évêques du Puy seront désormais seigneurs de Monistrol, comme il sont comtes de Velay : la devise de la cité illustre ce double pouvoir civil et religieux : AD UTRUMQUE PARATUS (prêt à tout, aux deux situations, à l’une comme à l’autre, c’est-à-dire à la guerre comme à la paix).

Le « seigneur évêque » construit à Monistrol un « nouveau » château, signe de sa puissance, au sommet du promontoire dominant le confluent des deux ruisseaux enserrant la ville, alors que le précédent, le « château vieux » se situait plus en contrebas. Ce sera une sorte de résidence « secondaire » jusqu’à la Révolution. Les prélats n’auront de cesse d’améliorer et d’embellir leur château : Jean de Bourbon au XVe siècle le fortifie ; Antoine de Senecterre au XVIe le pare d’une belle cheminée armoriée dans une salle au beau plafond à fougères ; Jacques et Just de Serres au début du XVIIe siècle, puis Armand de Béthune sous Louis XIV, en font une superbe demeure classique. Marie-Joseph de Galard, juste avant la Révolution, en aménage le parc.

Monistrol est aussi très tôt une cité importante du Velay, de par sa situation stratégique aux limites du Velay, du Forez et du Vivarais, du Languedoc et du Lyonnais. Preuve de cette notabilité, son église, de fondation romane, est le siège d’un des trois archiprêtrés du diocèse, et depuis 1309 c’est une collégiale, son curé étant assisté d’un chapitre de 13 chanoines.

Dans la période faste qui va de la fin de la guerre de Cent ans au début des guerres de Religion, Monistrol connaît une véritable expansion, dont il reste des traces : la « grosse tour » du château ; des maisons de ville à escalier en vis et meneaux ; des portails gothiques, des maisons fortes, aujourd’hui en ruines (le Chambon, Paulin, Cazeneuve, les Hivernoux) ou embellies au 19e siècle (Martinas, Foletier et, plus sobrement, le Flachat).

Mais Monistrol est avant tout une ville éminemment religieuse qui brille d’un vif éclat au XVIIe siècle avec l’implantation de religieuses Ursulines et de frères Capucins.

Le XVIIIe siècle se signale par une ambition de modernisation : l’hôpital rebâti en 1706, le cimetière déplacé vers l’extérieur de la ville, une école de filles fondée par les sœurs de Saint-Joseph. Surtout, en 1757-1758, une route carrossable est construite pour la première fois entre Le Puy et Saint-Étienne. C’est le Grand Chemin (actuelle avenue de la Libération), qui, tracé en ligne droite assez loin de la ville murée, change le visage de Monistrol, en attirant à lui une urbanisation nouvelle.

Les deux activités « industrielles » principales de Monistrol sont la serrurerie et la passementerie, comme Saint-Étienne dont elle subit incontestablement l’influence, et elles le demeureront jusqu’au XXe siècle : l’exode rural frappe alors la cité qui sortira de la crise économique au prix d’une reconversion industrielle (implantation d’usines de plasturgie et essor du tertiaire). Le climat tempéré des Marches du Velay et la proximité de l’agglomération stéphanoise attirent les citadins désireux d’échapper à la vie urbaine, faisant de Monistrol en ce début de XXIe siècle la deuxième cité du département par sa population, avec toutes les infrastructures souhaitables pour y bien vivre.

  1. L.-R.

Références bibliographiques :

– Marcel ROMEYER, Monastrolium… ? Monistrol-l’Evêque… ? Monistrol-en-Velay… ? Monistrol-sur-Loire, Firminy, 1973. Réédition : Monastrolium… ? Monistrol-l’Evêque… ? Monistrol-en-Velay… ? Monistrol-sur-Loire, Monistrol de l’ère nouvelle!, Monistrol-sur-Loire, 1994.

– Ecrits de Philippe MORET, dans le cadre des Chroniques Monistroliennes, de conférences ou d’expositions au Château.

– Articles divers des Chroniques Monistroliennes.

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